Agneaux, brebis et béliers : le quotidien d’un moutonnier

Un moutonnier n’est pas différent d’un berger. Qu’il accompagne son troupeau au pâturage, en estive ou en bergerie, il élève des moutons et prend soin des bêtes en leurs fournissant suffisamment  d’herbe, d’eau, de sel. Le quotidien du moutonnier est marqué par deux périodes : celle de l’agnelage au printemps où il n’est pas question de compter les moutons de peur de s’endormir et, aux beaux jours, celle de la tonte. Là, par contre pour s’endormir, on n’a pas besoin de les compter !

Jérôme, être moutonnier, c’est quoi ?
Être moutonnier, c’est avant tout un besoin d’être en contact avec les animaux, de s’impliquer dans le monde rural. Le métier s’apprend, un Bac Pro suffit. Le choix de l’animal est fonction de l’investissement, de son espace agricole et, le cas échéant, du temps que l’on peut consacrer sans empiéter sur son autre métier.

Comment un moutonnier choisit-il la race de son cheptel ?
Cela dépend de l’environnement dans lequel se trouve l’éleveur. Si la zone est herbagère comme ici, on choisit une race bien adaptée au plein air. Le Texel, par exemple, est une race qui convient tout-à-fait à notre climat de moyenne montagne et si, en mars au moment des naissances, le sol est encore gelé, le troupeau est alors rentré dans la bergerie. Là encore, pas de stress, le Texel s’entend parfaitement avec ses congénères. Le choix dépend aussi du devenir de l’animal. Là aussi, le Texel est par excellence une race performante dans tous les domaines de production pour sa qualité bouchère, lainière, laitière et fromagère.

Qu’est-ce qui caractérise ce type de mouton ?
Plutôt grand, le Texel est un mouton à laine blanche qui, l’hiver, augmente son poids de trois à quatre kilos. Sa tête plate est complètement nue et ne possède pas de corne. Il aime l’herbe mais renonce volontiers aux ronces. Originaire d’une île du même nom située au large des Pays-Bas, le Texel, dont le caractère un peu grégaire l’encourage à ne pas devenir un mouton de Panurge, est parfait pour la vie en prairie.

Quel est son cycle de reproduction ?
Selon le cycle naturel, l’accouplement se fait en octobre et les naissances en mars. Au moment de la saillie, le bélier est pourvu d’un marqueur de couleur qui a pour effet de taguer le dos de la femelle. Le repérage ainsi effectué, cela permettra d’éviter les consanguinités lors des prochaines saillies. Le nombre des naissances est en moyenne de 1,7 agneaux par femelle et par an. En général, une brebis a deux tétines et peut donc mettre bas jusqu’à deux petits, plus rarement trois. Les agneaux sont élevés sous la mère au minimum 3 mois.

Pour quelle raison les agnelles perdent-elles leur queue ?
Pour des raisons esthétiques, l’amputation de la queue des agnelles se fait dès la naissance en serrant un caoutchouc autour de l’appendice.

Qui tond les moutons ?
Le tondeur. Le métier demande une grande dextérité mais aussi beaucoup de force. La coupe se fait avec des cisailles. La toison du Texel fournit une laine de très bonne qualité mais, hélas, son prix de vente est dérisoire. « Ce n’est pas faute de ne plus vouloir se faire tondre la laine sur le dos », mais il faut bien débarrasser l’animal de son manteau protecteur.